Le blog de PROGRES

a été deplacé à une nouvelle adresse

http://www.progres-etudiants.org

Le blog de P.R.O.G.R.E.S : étudiants de gauche en grande école: mars 2009

vendredi 27 mars 2009

Définir l'Ideal Pour Savoir Où Aller

En ce moment, nous sommes perdus. Nous ne savons plus où aller, nous ne savons plus qui croire, et nous nous demandons si le chemin qu’ont pris nos dirigeants depuis 1945 pour les puissances occidentales, et depuis la chute du mur de Berlin pour quasiment toute la planète, est le bon. Ce chemin dont tout le monde avait fini par concéder que c’était le bon, à force de nous le répéter : le néo-libéralisme, seul modèle créateur de richesse pour tous… Même les communistes chinois s’y sont mis ! Finalement, à part quelques exclus sociaux inévitables, « c’est le seul modèle qui fonctionne ». Dans ce sens, on nous a fait croire que surtout il fallait le moins d’Etat possible et mettre la politique au service d’un marché totalement dérégulé, conditions à l’enrichissement de tous. On a même fini par croire à ce paradoxe : « Si une minorité s’enrichit, c’est bien tout le monde qui finira par en profiter ! ». Mais tout à fait, c’est évident ! Et bien en fait non, alors qu’une infime minorité déjà très privilégiée s’est enrichie comme jamais ces dernières années, la large majorité n’a pas profité de cette croissance exceptionnelle.



Après avoir donné toutes les rennes du pouvoir à ceux qui nous faisaient croire aux bienfaits d’un système qui pourtant servait d’abord leurs intérêts, nous avons tous laissé un paquet de gens sur le bord de la route (bien 80% de la population mondiale). Notre système a été incapable d’apporter le salut à l’humanité. Lors du passage au troisième millénaire, le monde se prenait à rêver d’en finir avec la pauvreté, la violence, la famine. Comment a pu-t-on croire un instant à toutes ces balivernes répétées maintes fois par ceux qui profitaient en premier de ce système et qui donc n’ont jamais eu aucune raison de le changer ? Ces dirigeants économiques, largement aidés dans leur propagande par les politiques et les médias ont clos le débat : un seul modèle, gagner de l’argent et consommer ! Peu à peu, ils ont transformé le citoyen en consommateur, attaqué toute la journée par la publicité et par le modèle de consommation et d’individualisme qu’elle promeut. Afin d’enrichir les plus riches, tous les moyens sont bons pour que la masse consomme toujours plus. S’il ne gagne pas assez, et bien qu’il s’endette ! Le confort matériel est ainsi devenu l’idéal à atteindre. Nos plus belles richesses, sociales, spirituelles et culturelles de nos civilisations sont passées au second plan et sont même devenues les ennemies des plus riches, qui s’occupent discrètement de leur démantèlement, armés par exemple de la télévision, « qui vend du temps de cerveau humain » à tous ces petits consommateurs. Cette télévision, qui détruit les liens sociaux et rabaisse la culture à l’abrutissement, fait ainsi le travail de persuasion du consommer-à-tout-va. Le lavage de cerveau est rôdé. Consommer devient alors le seul but d’une vie, qu’on ait ou pas de l’argent… La valeur d’un homme s’évalue ainsi d’abord par ses biens matériels et non par sa richesse artistique, sportive, intellectuelle, culturelle, spirituelle ou sociale. Le matérialisme et l’individualisme triomphent. Voilà le triste idéal que nous ont vendu ceux qui nous dirigent seuls depuis trente ans, les maîtres de l’économie.



Mais aujourd’hui, la route sensée nous emmener à cet idéal a brusquement débouchée sur une falaise, pourtant visible de loin. De peur que les consommateurs ne se rendent compte trop vite du vide qui nous attend, les maîtres de l’économie nous rabâchent que ça repartira. Repartir pour quoi ? Est-ce bien raisonnable de penser que sur notre planète, tout le monde pourra atteindre ce confort matériel vendu comme idéal ? Car pourquoi cet idéal ne serait-il partagé que par les plus riches, à partir du moment qu’ils nous promettent depuis des années qu’il est atteignable par tout le monde ? Dans ce cas, oui, repartons, dirigeons-nous tout droit vers l’enfer, vers la crise la plus grave de l’humanité ! Continuons tous ensemble à consommer et allons flirter avec la crise écologique ! Une crise où nous ne pourrons rien faire, une fois que les océans et les mers auront englouti des territoires entiers, que les déserts auront dévoré des immenses surfaces aujourd’hui habitables et habitées, une fois que se seront déplacées des populations entières aux frontières de pays qui les fermeront, créant des conflits mondiaux, une famine sans précédent et un chaos terrible.



Ainsi comme la crise financière nous le montre aujourd’hui, cet idéal n’est pas une destination viable, elle mène à la destruction et à la fin de l’humanité. Et si on nous avait menti ? Le constat est là : cet idéal est celui d’une infime minorité de privilégiés qui ne pensent qu’à préserver leurs intérêts et non pas celui de l’humanité toute entière et qui a toutes les raisons pour continuer à nous faire croire que c’est le seul idéal possible. Alors n’hésitons plus, mettons nous à définir un autre idéal. Laissons un peu la dure réalité de côté et définissons la destination finale, sans quoi nous resterons sans orientation, perdus et sans savoir où aller.



Commençons par descendre l’économie de son pied d’estale

Il n’y a pas que la richesse économique qui compte pour le bien-être de l’homme. Bien d’autres richesses sont bien autant importantes et procurent des plaisirs simples, gratuits mais excellents, les pays « pauvres » en sont des exemples parfaits. Nous croyons qu’ils vivent des vies très difficiles car ils ont un PIB dix fois inférieurs aux nôtres. Nous nous demandons comment ils font pour vivre sans richesse matérielle, et nous allons jusqu’à les appeler de manière bien dédaigneuse, les « Pays les Moins Avancés ». Pauvre économiquement oui, mais ils vivent heureux pour la plupart pourtant, compensant largement leur manque de confort matériel avec de la richesse sociale, solidaire et culturelle, ainsi qu’avec des liens privilégiés avec la nature. Alors certes, de plus en plus, ils ont du mal à se nourrir, à s’approvisionner en eau, à se soigner… Mais leurs plus grandes difficultés viennent plutôt aujourd’hui du fait que nous sommes venus pervertir leur modèle avec notre système occidental que nous leur imposons par un colonialisme nouveau : le colonialisme économique. Les voilà déboussolés eux-aussi par la propagande économique et ils perdent un à un leurs repères, sombrant dans une pauvreté économique encore pire qu’avant. Pour une fois, inspirons-nous d’eux pour définir notre idéal et retenons leurs formidables richesses humaines que l’individualisme a fini par vaincre.



Evitons la crise écologique

Il est quasi certain que si l’homme ne change pas ses habitudes de consommer, l’humanité devra faire face à la plus grande crise de son histoire : une crise écologique sans précédent. La Terre, usée, ne garantira plus cet écosystème qui, faut-il le rappeler, permet tout simplement à l’homme de vivre. Mais cet homme moderne, trop inconscient et sûr de lui, a oublié tout respect et harmonie avec sa « Mère » nature. Réapprenons à aimer notre hôte formidable et emplit de richesses naturelles et multicolores que nous avons tendance à oublier dans nos grandes villes grises et sombres. Nous le savons, si tous les hommes consommaient comme les Occidentaux aujourd’hui, dans 20 ans, il n’y aurait plus aucune ressources naturelles. Remercions chaque jour les pauvres qui ne consomment pas autant que nous et surtout laissons-les pauvres ! Tout le monde s’inquiète du développement chinois. Et pourquoi n’aurait-il pas le droit de consommer autant que nous ? C’est donc bien que le modèle de développement actuel mène droit au mur. La notion de développement durable doit devenir, et vite, le référent de toutes nos actions. Plus un investissement, plus une activité ne doit rester concentrer que sur la rentabilité économique, trop rarement liée à de la création de valeur écologique ou sociale, quoiqu’à long terme, elle l’est en fait totalement. Redéfinissons entièrement nos modèles d’investissement et de production sur un triptyque totalement équilibré économie/écologie/social. Rêvons et mettons en place une société où l’homme ne se lève plus seulement le matin pour l’argent mais aussi pour créer de la richesse sociale et écologique.



Redorons le blason des autres valeurs humaines

Si nous faisions des liens sociaux, de l’extraordinaire richesse des cultures et de leurs rencontres, de l’harmonie avec la nature, les nouveaux standards de demain ? Serions-nous plus malheureux ? Gardons tout ce dont nous pouvons être fiers, mais qui se fait pourtant démanteler petit à petit : l’éducation et la santé pour tous par exemple. Toutes ces avancées reculent peu à peu car ce sont des services publics « coûteux et peu rentables » ennemis numéro un de nos dirigeants. La vie des citoyens doit pouvoir se centrer sur autre chose que le travail et l’argent. A quoi rime cette surenchère de la richesse économique ? C’est ce qui crée ces inégalités insupportables, car maintenant pour avoir le droit à une bonne éducation (les cours particuliers par exemple), à la culture, aux soins bientôt, il faut être riche. Les organisations sociales (l’école, l’entreprise) doivent laisser beaucoup plus de temps à l’expression culturelle, spirituelle, sociale, sportive, artistique aux citoyens.



Etablissons une vraie démocratie

La démocratie n’est plus réelle, le peuple ne choisit plus son destin. Il ne choisit plus vraiment car il doit voter entre des personnalités déjà acquises au monde économique. La démocratie est maintenant devenue la bonne conscience des plus riches : soi-disant le peuple décide, ce qui l’empêche de se rebeller. C’est faux, le peuple est finement manipulé, les politiques n’arrêtent pas de lui mentir depuis des années, et discourent dans un sens, agissant dans un autre. Ce pouvoir politique prend aujourd’hui des décisions plus seulement sous la pression de ses électeurs mais aussi des investisseurs, qui, si leurs demandes ne sont pas exaucées, menacent de partir. Ce « double vote » est pervers et empêche la démocratie de s’exprimer. La démocratie devra ainsi reprendre entièrement sa place dans la société et chaque citoyen pourra jouer un rôle démocratique au quotidien, localement d’abord, décidant de sa vie grâce à une démocratie participative réelle. En soutien, il faut aussi valoriser le rôle de la société civile qui passe par les associations et plus largement les organisations sans but lucratif. Revoyons profondément nos institutions aujourd’hui faussement démocratiques pour remettre le citoyen au centre des décisions politiques. Refinançons largement la société civile, localement et nationalement. Laissons-la s’exprimer, elle qui apaise et enrichit l’esprit.



Redistribuons la richesse économique de manière véritablement juste

En ce qui concerne la richesse économique, ne la blâmons pas jusqu’au bout, elle est très positive pour de nombreuses raisons et a permis à l’homme de faire progresser son existence de manière forte, mais seulement, pour commencer, redistribuons-la beaucoup mieux. Enlevons une bonne fois pour toute le pouvoir aux plus nantis en régulant les revenus et en les redistribuant de manière juste. Est-il supportable de voir des différences de revenus de 1 à 100 ? Quel homme peut-il vanter que son travail vaut 100 fois plus qu’un autre ? Surtout, l’économie ne doit plus représenter la richesse de référence. Elle devra s’inscrire dans des objectifs environnementaux et sociaux précis, afin de garantir la durabilité de notre société et de notre planète. Sans ça, ses excès finiront par détruire ce qu’elle a construit, nous emportant avec. N’oublions pas qu’une société fonctionne grâce à tous les individus qui la forment. Sans travailleur, les investisseurs ne lèveraient aucune richesse. Ne restons pas otages d’un système qui défend la partie des privilégiés.





En résumé, c’est l’équilibre des grandes richesses de nos civilisations qui nous amènera à la durabilité, à la paix, au respect des uns et des autres, à une plus grande justice et à une véritable démocratie. Croire que l’économie seule peut nous amener à cet idéal est un mirage. Un mirage trompeur qui nous amène à choisir une direction qui n’est pas la bonne. Aujourd’hui, construisons un nouvel idéal autour de valeurs riches, puissantes et universelles. Certes l’âpre réalité qui nous sert de point de départ est bien loin, mais du moins, en ayant une destination, nous avons une orientation, nous savons où aller.

Libellés : ,

mardi 10 mars 2009

Journée de la Femme...

Quelques liens...

plein d'articles sur le Monde à propos de la journée de la femme (celui-là, notamment), mais comme d'hab, je ne peux m'empêcher de vous envoyer le billet de Robert Solé, qui est décidément très très bon. vive le lave-linge.

et vive l'Eglise catholique, qui les accumule un peu en ce moment. ( l'archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois, a eu le prix du macho de l'année pour avoir affirmé en novembre 2008 à l'antenne de Radio Notre-Dame : "Le plus difficile est d'avoir des femmes qui soient formées. Le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête." LA CLASSE)

Caroline

Libellés :