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Le blog de P.R.O.G.R.E.S : étudiants de gauche en grande école: juin 2009

lundi 8 juin 2009

Eurovision

Juste un petit compte rendu du début de soirée électorale sur france 2 hier, pour ceux qui l'auraient raté:

A gauche, les mines sont déconfites. Vincent Peillon, Jean-Luc Melenchon, Pierre
Moscovici se tiennent l'un à côté de l'autre. Et au milieu de ce banc de décus, Cohn Bendit rayonne.

Face à eux, la droite a revêtu son habit de vainqueur. Ils se tiennent plus droit, dans le calme, font des plans en trois parties, et affichent un sourire insupportable de fausse modestie en répétant en boucle qu'il n'y a pas de place pour le triomphalisme dans leurs rangs. Mais ils se font toute la soirée la voix des francais, "qui ont compris QUI parlait vraiment d'Europe dans ce pays". "C'est historique, depuis 79, jamais un parti de gouvernement n'était arrivé en tête des élections européennes. C'est une grande victoire pour Nicolas Sarkozy". Toujours lui. Ca, à droite, on peut pas leur reprocher leurs discordes. Tous rangés derrière leur chef, que ce nom là à la bouche, comme si il avait été tête de liste dans toute la France... Ca m'a vraiment fait penser au lipdub de l'UMP (en bas de la page), se déroulant dans un monde merveilleux où tout le monde pense, chante, et parle comme Xavier Bertrand.
Bref, sérénité et balai dans le cul du côté de la droite, qui se garde bien d'intervenir quand en face, la gauche "se donne en spectacle".


Parce que malheureusement, c'est bien ce qu'il se passe à droite de David Pujadas. Cohn Bendit tend la main à tous les opposants à Sarkozy, appelle à un rassemblement de la gauche, de l'extreme gauche, du modem, au moins pour voter contre Barroso. Il peut se le permettre, d'assumer ce rôle de coordinateur, de distributeur des bons et des mauvais points, et de tendre de manière magnanime la main à ceux que la défaite a rendu autistes.

Melenchon refuse la main tendue, et le PS s'autoflagelle. On en attendait pas moins d'eux mais ils tendent le bâton pour se faire battre. On réentend la vieille rengaine de 2002 et de 2007, du Congres de Reims. "Le PS doi- se réformer, tout changer, élaborer un programme. Aux européennes, les francais ont bien compris qu'on avait un programme vaseux, et on paie nos affrontements internes". Tous acquiescent. C'est désolant. On sent le PS perdu, même eux ils n'ont plus d'espoir. Ils parlent de reconstruction sans enthousiasme, et ne savent plus où donner de la tête. Ils n'ont même plus la force de nier.
Et le plus surprenant: le banc de gauche ne voit même plus la droite en face, ils négocient entre eux. Ils donnent le sentiment de ne pas s'être parlé depuis des lustres. Moscovici pose des questions à Mélenchon, Peillon baisse la tête, Cohn Bendit les implore de se mettre d'accord, le PS fait des pieds de nez à Mélenchon, en disant que jusqu'à preuve du contraire, ils réalisent encore un meilleur score, donc qu'ils n'ont pas de lecons a recevoir.
Ils sont pathétiques...

Le Modem tape sur Bayrou à boulets rouges, Corinne Lepage n'exclue pas de rejoindre les rangs des écolos, Le Pen s'insurge, notamment contre la diffusion de "Home" 2 jours avant les élections, ce qui aurait favorisé les écolos; Cohn Bendit est incontestablement le très grand vainqueur de la soirée...

Et puis l'abstention... evidemment, elle n'est pas en faveur de la gauche. L'électorat populaire s'est massivement abstenu.

Bref, à mon goût, les enseignements de la soirée:

- Bayrou est mort

- Le PS n'a plus d'autre choix que de tenter de rassembler autour de lui, et de trouver un vrai leader charismatique (mais qui???).

- Le vote vert, qualifié à juste titre à mon avis par Marielle de Sarnez de "vote apolitique", révèle une prise de conscience enorme de l'enjeu ecologique. Mais Cohn Bendit, qui a fait campagne sur son nom et son statut de figure européenne a clairement choisi la bonne stratégie. En l'absence de vraie campagne, je crois vraiment que les idées n'ont que très peu pesé dans cette élection...

- Putain...

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